Quand le MAD célèbre le duo Margiela/Hermès : une exposition flamboyante

Focus sur la collaboration du couturier au sein de la maison Hermès


Carte blanche pour « Margiela, les années Hermès » au MAD


Martin Margiela, mystérieux couturier belge, voit son travail mis à l'honneur à Paris en ce printemps 2018.


Alors que le Palais Galliera dévoile sa rétrospective dédiée à la carrière du créateur, le Musée des Arts décoratifs ouvre son exposition "Margiela, les années Hermès", un focus sur la collaboration du couturier au sein de la maison française de 1997 à 2003.


Après Anvers, le Musée des Arts Décoratifs accueille du 22 mars au 2 septembre 2018 l’exposition « Margiela, les années Hermès » conçue et présentée en 2017 par le MoMu (Musée de la Mode d’Anvers).


Une véritable plongée dans l'univers de Martin Margiela, qui assure lui-même la direction artistique de l'exposition.



Un couturier qui refuse les interviews


Il y a tout juste 30 ans, Martin Margiela crée sa maison de couture éponyme. Le couturier évolue dans un univers de créations aux lignes minimalistes mais très avant-gardistes. Pendant des années, le couturier refuse les interviews et de faire apparaître son nom sur les étiquettes de ses créations. Blanches, cousues par 4 points, elles deviennent finalement un signe de reconnaissance. Le fameux « blanc de Meudon » est choisi comme signature pour ses défilés et pour les tenues du personnel vêtu d’une même blouse immaculée. 




Sa collaboration avec Hermès oblige Margiela à sortir de l'anonymat


C'est en 1997 que le couturier sort de l'anonymat en prenant la tête des collections femme de la maison Hermès. Lorsqu’en octobre de cette même année Jean-Louis Dumas, alors président et directeur artistique d’Hermès, demande à Martin Margiela de dessiner les collections de prêt-à-porter femme, il s’agit alors d’un choix audacieux, en rupture avec les tendances de l’univers de la mode, plus enclin à engager des stylistes « stars ». La maison Hermès crée donc la surprise en faisant appel à ce créateur iconoclaste dont personne ou presque ne connaît même le visage




Des monochromes loin des imprimés chatoyants d'Hermès


Ainsi, pendant 6 ans, Martin Margiela prend les rênes des collections féminines, imaginant 12 collections influencées par sa vision du luxe contemporain qui mêle un style épuré avec une palette de couleurs monochrome. Cet univers est retracé entre les murs du Musée des Arts Décoratifs, où dialoguent une centaine de silhouettes qu'il a imaginées pour Hermès et celles pensées pour sa propre maison de couture, entre dé-construction novatrice et luxe intemporel.



Martin Margiela développe un travail à contre-courant d’une époque de logomania et de standardisation, qui s’esquisse alors déjà à grande échelle. Il surprend avec ses coupes construites-déconstruites, ses volumes oversizeses matières recyclées ou encore ses tissus monochromes qui soulignent l’aspect artisanal de ses créations. 


Confort, intemporalité, sensualité, authenticité sont les maîtres mots définissant sa vision de la femme Hermès associée à un style épuré. La nouvelle palette de couleurs sobres et monochromes qu’il impose s’éloigne de l’univers coloré des imprimés Hermès et suscite l’étonnement auprès de la presse. Il introduit chez Hermès une épuration de la coupe et des couleurs s’appuyant sur les matières d’exception du sellier parisien et intégrant de nombreuses innovations. 


Un parcours entre le blanc Margiela et le orange Hermès


Dans cette exposition, le visiteur navigue entre créations, esquisses, photographies et  vidéos selon un parcours où se répondent l’orange de la maison Hermès et le blanc de la Maison Martin Margiela


Ainsi le visiteur appréhende un processus créatif qui navigue sans confusion entre les deux maisons et chacun de leurs codes. C’est la première fois que le musée des Arts décoratifs s’intéresse à un fait majeur de l’histoire de la mode, quand un créateur se dédouble entre sa collaboration pour d’autres Maisons et la sienne. 


MAD PARIS, 2018, photographie Luc Boegly


MARGIELA, LES ANNÉES HERMÈS

du 22 mars au 2 septembre 2018

Commissaire
 • Marie-Sophie CARRONDELACARRIÈRE, Conservatrice en chef du patrimoine

Direction artistique
 • Martin MARGIELA

Scénographie
 • Bob VERHELST