Rodin et la danse, la nouvelle exposition du musée Rodin

Découvrez la nouvelle exposition du Musée Rodin !


Depuis le 7 Avril, le Musée Rodin propose un nouveau parcours « Rodin et la danse ». Pourquoi et comment le sculpteur s’est inspiré de cette discipline ? C’est ce que la rédac’ a voulu savoir. Visite guidée de cette exposition qui va vous faire danser. 


Auguste Rodin et les starlettes de 1900 

À l’aube du XXe siècle, l’art prend un nouveau tournant : adieu l’historicisme qui se tournait vers le passé avec des réalisations néogothiques et néo-Renaissance. Un vent nouveau souffle sur la création française.

Alors que l’Art Nouveau est en plein boom, la danse s’émancipe et les chorégraphes expérimentent. Ces nouveaux gestes intéressent Rodin, au point de faire venir certaines des stars de l’époque dans son atelier : l’acrobate Alda Moreno devient son modèle et le drapé de Loïe Fuller, qui hypnotise toute la société, charme aussi Rodin.


Alda Moreno, la muse-acrobate de Rodin 

Bien qu’on connaisse peu la vie de cette artiste, on sait que sa souplesse démentielle impressionne Rodin, qui expérimente en sculpture ces positions mettant le corps en défi

A Gauche : Alda Moreno, 1/11/1905, photographie extraite de l'ouvrage Le N?u Académique. Publication de documents photographiques à l'usage des artistes, Paris, bibliothèque du Musée Rodin ©musée Rodin
A droite : Auguste Rodin, mouvement de danse A,avec tête de femme slave,1911,terre cuite, H.29,2 cm; L7,9 cm ; P 14,8 cm ©agence photographique du musée Rodin, ph.J.Manoukian

L’exposition « Rodin et la danse » est d’ailleurs articulée autour des treize « mouvements de danse » dont le seul modèle est Alda Moreno. Ces sculptures sont toutes réalisées à partir de quelques moules de jambes ou de bras que Rodin assemble et retravaille. Il donne corps à des figures repliées ou déployées qui traduisent les impressionnantes positions de la danseuse-acrobate. Comme Alda Moreno et son propre corps, Rodin repousse les limites de la sculpture anatomique.

Moules, plâtre enduit d'agent démoulant, 1911 © musée Rodin, ph. P.Hisbacq

Toute sa carrière durant, Auguste Rodin s’est attaché à reproduire le corps humain, sa vigueur et sa sensualité. Avec ses études sur la danse et ses rencontres avec les artistes de scène, il découvre des mouvements qu’il n’imaginait pas. Paradoxalement, certaines danses de 1900 jouent du drapé, et incitent Rodin à reproduire en sculpture les oscillations du tissu.


La sculpture de Rodin et les drapés de Loïe Fuller 

Il s’agit de la danseuse la plus connue du début du siècle dernier. La superstar de la danse a percé avec un spectacle avant-gardiste. Habillée d’une très large robe blanche, elle fait virevolter le voilage autour de son corps. Des formes de fleurs et de papillons sont créées par ses gestes. La danseuse inspire les artistes de l’Art Nouveau, qui vont la représenter à de multiples reprises.

Eugène Druet, Loïe Fuller dansant, épreuve gélatinoargentique, H.40 cm ; L. 30 cm, © musée Rodin


Auguste Rodin rencontre Loïe Fuller, mais elle ne deviendra pas son modèle. Son drapé incroyable ne laisse pas Rodin indifférent pour autant. Le sculpteur est ébloui par les jeux de lumière autant que par les mouvements du tissu

Il recrée cette vague textile sur la sculpture « Mercure drapé ». Fidèle à lui-même, Rodin laisse le corps nu du Mercure. Mais, derrière lui un grand drap flotte dans l’air comme un costume de danseur. En fait, ce tissu permet de capturer le geste précédant l’instant.

Auguste Rodin, Mercure avec draperie, plâtre et tissus, H.38,7 cm ; L.38cm ; P.45 cm ©musée Rodin, ph. C Baraja


Rodin, le sculpteur qui a inspiré les danseurs  

Du vivant de Rodin, les danses de couples restaient mondaines ou folkloriques, pourtant, c’est bien des figures de portés d'aujourd'hui qu’il sculpte. Il joue avec les corps, avec leur force et leur équilibre respectifs pour créer des oeuvres audacieuses et avant-gardistes. Aucun danseur de l’époque ne travaillait ces mouvements, mais ceux qui ont vu ces sculptures par la suite les ont réalisé. D’ailleurs, une artiste visitant l’exposition a dit « j’ai déjà dansé tous ces portés ! ». 

Auguste Rodin, Assemblage :Adolescent désespéré portant l'Aube, plâtre, avant 1889, H.34 cm ; L. 12,5 cm ; P. 18 cm, @musée Rodin, ph. C. Baraja

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