Coup de coeur expo : L'Asie, on en rêve chez YSL !

Le musée Yves Saint-Laurent ouvre ses portes pour une première exposition. Partez dans l'imaginaire envoûtant et exotique du créateur, dans les songes d'une Asie rêvée !

  La première exposition du musée Yves Saint-Laurent s’est ouverte il y a un peu plus d'une semaine et c’est un succès ! 


  Olivier Flaviano, directeur du musée, annonce la couleur : le musée sera désormais ouvert au public avec une exposition permanente sur Yves Saint-Laurent neuf mois de l'année et une exposition temporaire  de quatre mois sur une thématique précise. 

 

   Le choix de l’Asie rêvée s’est imposé comme une évidence pour cette inauguration des expositions car, de 1962 à 2002,  l’Asie traverse les collections Saint-Laurent. Elle est en majorité rêvée : mis à part le Japon où il se rend à plusieurs reprises, c’est dans la littérature et les ouvrages qu’il possède dans son studio et sa collection personnelle que Saint-Laurent puise son inspiration inépuisable. Il s'enrichit également du cinéma hollywoodien qu’il affectionne particulièrement : Shanghai express (1932), La dame de Shanghai (1948).



« J’ai abordé tous les pays par le rêve » disait-il en 1991 « Il me suffit de regarder un très beau livre sur l’Inde pour dessiner comme si j’y avais été. C’est le rôle de l’imaginaire. » Mais ce n’est pas seulement l’inspiration que s’attache à montrer cette exposition mais la compréhension véritablement historique qu’a eu le couturier de ces vêtements venus d’ailleurs, le statut religieux et social qu’ils véhiculaient. 


  Les dessins et les photographies présentés dans l'ancien salon-boutique d'accessoires de la Maison révèlent la grande richesse des fonds d'archives que possède le musée : les trois ensembles géographiques majeurs qu’a revisité Saint- Laurent, La Chine, L’Inde et le Japon y sont présentés.


    De la Chine, il retient une inspiration florale qui lui vient de ses lectures, de ses céramiques, de ses laques peintes: la pivoine, les pêches d’immortalité sont partout présentes. 


     Une superbe robe du soir ajustée fait ainsi référence aux qipao, robes de Shanghai des années 30, que l’on retrouve dans les films Shanghai express ou encore dans In the mood for love qu’Yves Saint Laurent affectionnait particulièrement. Tout est bon pour nourrir son imaginaire : de la forme de vase archaïque pour la silhouette de la robe aux motifs de fleurs inspirés des vases Ming bleus et blancs. Mais jamais son imagination ne se soumet strictement au vêtement d’origine, ses créations sont là pour accompagner le geste.


     Ce geste, il l’accompagne à la perfection avec ses créations inspirées de l’Inde, ces vêtements drapés de mousseline tout en élégance, fluidité et transparence.Le vêtement ne couvre pas mais orne. On admire la profusion des boutons-bijoux, des pierres facettées sur ses créations comme dans un superbe ensemble de soir Automne-hiver de 1981 avec le motif de boteh décliné dans une broderie complexe de paillettes dorées, de fils métalliques. Il transgresse les codes sociaux du vêtement en réinterprétant pour les femmes le paejama impérial  moghol destiné à l’empereur. Il ose faire porter à ses mannequins des turbans alors même qu’il s’agit d’un attribut masculin à la symbolique dynastique très forte. 

  La subversion et la provocation, ce sont elles qui ont accompagné le succès du lancement de la fragrance Opium imaginé par Yves Saint Laurent  en octobre 1977 quelques mois après la présentation de sa collection chinoise. L’exposition dévoile tout le processus créatif élaboré avec Pierre Dinand. Le flacon est inspiré de l' inro cette petite boîte que portaient sur eux les hommes au Japon et renfermait les sceaux, les médicaments mais aussi…des boulettes d’opium. D’où le nom du parfum envoûtant et de la campagne subversive et puissante élaborée autour. On admire notamment les photographies représentant Jerry Hall lascivement allongée sur un sofa, et on n'oublie pas la soirée de lancement du parfum aux Etats Unis en 1978 qui déclenche les ires de la coalition américaine contre l’opium et les drogues.

  Le Japon, Yves Saint Laurent y reste plus fidèle dans les formes peut-être parce que comme l’a suggéré Aurélie Samuel, conservatrice et directrice des collections, il le connaît mieux et s’en éloigne peut-être moins que pour la Chine et l’Inde. Admirateur fou du théâtre Kabuki, le créateur imagine de superbes kimonos. L’exposition s’achève sur la veste Iris du printemps-été 1988 avec cette mise en abyme de l’inspiration de l’artiste s’inspirant de l’ailleurs. Il cite l'oeuvre de Van Gogh, elle-même inspirée des estampes d’Hokusai,  par une restitution virtuose de la touche du peintre.

Il vous reste jusqu’au 27 janvier pour aller rêver dans cet univers merveilleux du créateur à l’imagination virtuose ! 


Cela ne vous donne t’il pas également envie de vous replonger dans ces vieux films si chers au coeur de Saint-Laurent ? Nous, si.



Musée YSL Paris,

5 Avenue Marceau

75 116 Paris

Fermé le lundi 

Entrée : 10 euros, tarif réduit à 7 euros.